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Experts et expertises en santé publique. Diversité des acceptions, multiplicité des enjeux : comment avancer ?
Depuis 1995, la Société française de santé publique (SFSP) organise de manière triennale, puis depuis 2007 à un rythme biennal, un congrès où échangent, débattent les différents acteurs, qui oeuvrent en santé publique. Près de 1000 professionnels, chercheurs, institutionnels, associatifs, etc. se retrouvent à chaque congrès de la SFSP.
Appuyée cette année par le Groupement Régional de Promotion de la Santé Nord-Pas de Calais, la Société française de santé publique organise son congrès les 2, 3 et 4 novembre 2011, sur le thème « Experts, expertises et santé publique : entre différentes acceptions et enjeux, comment avancer ? », à Lille Grand Palais.
ProblématiqueAu cours de ce congrès 2011, centré sur les expertises en santé publique, la Société française de santé publique tentera de revenir sur les différentes définitions de l’expertise, de mettre en lumière l’organisation de l’expertise en France, se penchera sur le rôle des experts non seulement dans les crises de sécurité sanitaire mais aussi dans la définition des politiques de santé, traitera des relations avec le pouvoir politique et économique, et abordera les nouvelles formes d’expertises.
L’expertise mobilise les porteurs de la connaissance scientifique et technique dans leurs disciplines respectives, afin d’analyser au mieux les contextes et de proposer des actions. Elle mobilise également l'approche interdisciplinaire et favorise la préparation de la décision en situation d'incertitude. Mais la décision revient, in fine au pouvoir politique. Au-delà des crises de sécurité sanitaire, les expertises se sont largement développées comme une part importante du système de santé. Celui-ci s’appuie notamment sur des professionnels « experts » rattachés à différents organismes : agences de sécurité sanitaire, Haute Autorité de santé, Haut Conseil de la santé publique, mais aussi auprès d’instances consultatives comme la Conférence nationale de santé, constituée de membres de la société civile.
A titre individuel ou collectif, les experts sont exposés à des risques divers de conflit d’intérêts. économiques, institutionnels, politiques, d’école de pensée, etc. Par ailleurs, les experts peuvent également être tentés de tirer bénéfice d’une situation collective « de crise » pour leurs propres intérêts, de carrière, de promotion, de relations publiques. De même que les politiques peuvent l’être par l’utilisation de l’expertise dans leurs propres logiques de pouvoir. La loi du 4 mars 2002 a généralisé les règles de prévention de conflits d’intérêt à l’ensemble des procédures d’expertise du ministère de la santé ; cela est-il suffisant tant les liens entre expertise et pouvoir sont forts ? Enfin, d’autres formes d’expertises sont en train d’émerger ou de ré-émerger : l’expert dissident « lanceur d’alerte » ; l’expert dit « profane » qui, par la connaissance de sa maladie et des systèmes d’organisation, va peser sur l’organisation du système de santé. Le fait le plus significatif de notre époque réside sans doute dans la prise de parole, d’initiatives et d’interventions des patients, de leurs proches et de manière plus large des usagers et des citoyens donnant plus de vie et de sens à ce qui est appelé la démocratie sociale, la démocratie participative et/ou la démocratie sanitaire ?
Pierre Lombrail, Président de la SFSP
Comité d'organisation
PRÉSIDENT : Jean-Louis Salomez
Comité scientifique
PRÉSIDENT : Corinne Le Goaster
Coordination congrès
Société française de santé publique Avec le soutien local du Groupement régional de promotion de la santé Nord-Pas de Calais
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